➤ Pour un MIN utile

État des lieux relatif au projet d’un « Min-Rungis » à Châteaurenard Décembre  2017. Ce projet contre productif est-il nécessaire chez nous ? L’association Développement Durable Alpilles Rhône Durance crée en 2000 a pour objet de préserver et promouvoir les ressources naturelles et la biodiversité, autrement dit, le cadre de vie des usagers du territoire compris entre le Rhône, la Durance et les Alpilles.

Pour réagir, il faut une information objective, c’est le but de cette lettre.

État des lieux:

– Avec le développement urbain de Châteaurenard, le Marché d’Intérêt National (MIN) de 15 ha, doit être redéployé.

– La surface agricole diminue drastiquement (urbanisation, routes, zones industrielles, etc.)

– Le nombre d’agriculteurs diminue aussi !

– Les gros producteurs expédient directement sans passer par le MIN.

– Très bonnes terres arables, de l’eau pour l’irrigation, des cultures diversifiées et du savoir-faire.

– Compte tenu des enjeux climatiques, énergétiques, de l’urgence de lutter contre les pollutions (de l’air, de l’eau, des terres ,etc.) et d’agir pour le maintien de la biodiversité, il est de plus en plus recommandé de consommer les productions locales de qualité (Programmes Alimentaires Territoriaux: PAT).

– Dans le secteur, nous avons le MIN de Cavaillon toujours dynamique, le marché aux fruits et primeurs de Saint-Étienne-du-Grès avec une très bonne clientèle.

– Le territoire de Châteaurenard n’a plus de desserte ferroviaire, donc ce sera le transport routier qui primera alors que les voies sont insuffisantes, déjà à saturation avec les camions et les pollution engendrées. La création de la liaison EST-OUEST (LEO), malheureusement en cours de construction,  va engendrer de nouvelles nuisances et accaparement supplémentaire de terres agricoles. A noter que cette construction ce fait dans une zone de protection de la nature appelée zone Natura 2000.

Des questions :

– Sur le site du Ministère de l’Agriculture «alim’agri» nous apprenons que le carreau de vente s’étend actuellement sur 5 hectares. Dans un article de la Revue de la Fédération des marchés de gros de France d’avril 2017, nous lisons : «il sera construit sur une ZAC de 35 hectares». La superficie du projet de MIN multipolaire s’étendrait sur 120 hectares. Comment le milieu agricole peut il accepter la disparition de 120 ha de bonnes terres ? (les meilleures de la région selon l’Inra, l’institut national de recherche agronomique)

– Sur les 600 000 tonnes qui transitent sur le MIN par an actuellement, quelle est la part en fruits et légumes des agriculteurs provençaux ?

– Comment protéger les agriculteurs avec un MIN immense  qui pour être viable recevra encore plus de produits concurrentiels aux nôtres, de pays où les coûts de productions sont très bas ? – Combien de paysans vont encore disparaître ?

– Les fruits et légumes de chez nous ont toujours eu une vocation à l’exportation, sur ce MIN gigantesque arriveront de plus en plus de produits étrangers, ce MIN alors ne deviendra t-il pas de plus en plus une plate-forme logistique au détriment de nos agriculteurs ?

– N’y a t-il pas un grand risque à vouloir surdimensionner le projet alors que le MIN de Marseille desservi par les voies ferroviaire, maritime et aérienne, a un bassin de deux millions de consommateurs et Châteaurenard de 400 000 ?

– A t-on pris en compte l’importance du MIN de Perpignan avec ses axes aériens, ferroviaires, maritimes et routiers, qui dessert toute la France et de nombreux autres pays d’Europe?

– Des transferts d’entreprises sont en cours ou en projet, à terme combien y aura t-il de créations d’entreprises et d’emplois nettes ? (annonce de 1500 nouveaux emplois dans un tract ! Mais combien de détruits ?).

– Que deviendront les bâtiments désertés comme ceux de la zone du Barret ? Des friches industrielles ?

– Pourquoi sacrifier encore de bonnes terres agricoles et détruire la biodiversité en bordure de la Durance, alors que nous avons une région remarquable ?

– A combien de dizaines de millions d’euros vont s’élever tous ces travaux ?

– A t-on donné les informations globales et exactes aux contribuables pour un tel investissement d’argent public ?

– Inquiétante interrogation sur le devenir du Pays d’Arles convoité par la Métropole de Marseille et la disparition du Département ?

Propositions du  DDARD :

– Implanter un MIN adapté aux besoins des agriculteurs entre la zone du Barret et la Horsière, appelée «la montagne » par les habitants du cru car la plus élevée et la mieux protégée des inondations, par rapport aux zones en bordure de Durance. Ce choix permettrait la réutilisation, aisée, de l’ancienne ligne ferroviaire Barbentane Plan d’Orgon assurant la liaison avec la gare ferroviaire de Barbentane. Cela permettrait une évacuation directement par le rail des marchandises utilisant ainsi un moyen de transport le plus efficace en terme de consommation d’énergie et d’émission  de gaz a effet de serre. Ce projet alternatif se trouverait à  quelques minutes de la zone  de Courtine d’Avignon, respecterait les directives du grenelle de l’environnement préconisant des dessertes ferroviaires. A noter qu’il s’agit d’un premier projet  envisagé par la mairie de Mr Gustave CESTIER.

– Ce projet doit protéger les terres agricoles, la biodiversité, permettre l’essor d’une nouvelle agriculture plus respectueuse de l’environnement pour nourrir sainement les populations.

Oui au redéploiement et à la modernisation du MIN conforme aux objectifs de la COP 21 (tout grand projet doit être relié aux rails …)

Non aux grands projets INUTILES et NÉFASTES.

Association Développement Durable Alpilles Rhône Durance.

Pour nous contacter : C’est ici

Article du 6 avril  2018 du journal REPORTERRE:

Lien vers l’article d’Eric Besatti sur le journal Reporterre

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2018-04-23T20:24:36+00:00

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